Loin, bien loin, au-delà des ténèbres de mon passé
J'errai sur cette terre, fier de la manière, reniant la matière
Ombre furtive et silencieuse, les nuits m'étaient délicieuses
J'étais le roi d'un monde qui ne connaît qu'une seule loi.
Je vivais mes voyages au rythme des saisons, des migrations
Sans chaînes, sans haine, chassant rongeurs ou rennes
Steppes immenses, forêts denses, tout était intense
Pas souple, souffle court, regard à l'affût des tares
Je puisais ma force de ma mère terre, de l'eau et de l'air
Longeant les torrents de montagne, hors du temps
Foulant les neiges vierges qui se perdent dans le ciel
J'ignorai la misère, la liberté était ma seule guerre
Démon issu de votre ignorance, de vos tristes croyances.
Dans la profondeur des forêts, vous trembliez
Au son de ma voix, votre c½ur se glaçait d'effroi
Ivre de liberté, sans cesse pourchassé, être mal aimé
J'errai sans vous chercher, vous, tristes sires condamnés
L'ombre de votre ombre, la terreur de vos contes
Animal féroce et sanguinaire, tueur aveugle et sans pitié
Voilà de quoi vous m'avez qualifié durant tant d'années
Alors que je n'étais ivre que de liberté, évitant votre société.
Je me suis repu de vos cadavres sur vos champs de bataille
Vous nous avez réduit, presque anéanti à grands cris
Mais qui donc êtes vous, pauvres fous vivant au détriment de tout.
À vous êtres avides de guerre fratricide, de destruction
À vous, esclave de votre cupidité, adorateur de papier monnaie
À vous qui avez pourchassé, torturé et tués mes frères de sang
À vous qui bafouez ma mère, qui avez pollué l'eau et l'air
À vous, je laisse la place de guerre lasse, mon reflet dans la glace
Je prie pour.........
Que les dieux et les diables me rendent ma peau de loup...